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Gims : “Avec la Sexion d'Assaut, nous allons sortir un single dans les prochaines semaines”

Assis sur le bord d'un canapé rococo, les mains jointes et les yeux naturellement cachés derrière de larges lunettes noires, Gims accorde un instant à une poignée de journalistes juste avant de monter sur scène. L'artiste doit donner un showcase privé, dans un appartement baroque à deux pas des Champs-Élysées, et ainsi sceller sa collaboration avec la marque de smartphones Oppo. Pour marquer le coup, un titre inédit sera lancé à la fin du mois avec la chanteuse Vitaa, également présente ce soir-là et qui précédera Gims sur la petite scène montée pour l'occasion dans la grande salle. Alors que la pièce principale se remplit et que son équipe s'agite autour de lui pour préparer son apparition, le chanteur a brièvement échangé avec GQ en coulisses, et a fait un point sur son actualité, celle de son groupe Sexion d'Assaut, sa carrière aux six millions de disques vendus et sa conquête de l'international. Nous sommes là pour votre collaboration avec la marque Oppo. C’est une marque qui est sur une pente ascendante en ce moment : sponsor de Roland-Garros, de Gaël Monfils… Pouvez-vous revenir sur la genèse de cette collaboration ?


Je n'ai pas eu besoin d'y réfléchir beaucoup, car c'est une marque que je connaissais déjà. J'en avais déjà entendu parler il y a quelques années. Mais à l'époque, ce n'était pas le bon moment, j'avançais dans une autre direction. Je travaillais sur mon album, j'étais concentré là-dessus. On m'avait tout de même fait cadeau du téléphone, et j'avais pu l'analyser, l'observer. Ce qui m'a plu, c'est que c'est un téléphone qui pousse à la créativité. Il pousse à filmer, il encourage les gamins à faire des vidéos, des montages… Je me suis dit que c'était une bonne démarche. Donc quand cette opportunité de clip avec eux s'est présentée, j'ai accepté tout de suite.


La première chose, c'est que l'on ne fait jamais un titre pour un téléphone, mais plutôt pour une “vision”. Il faut analyser ce que les gens perçoivent dans ce téléphone, ce qu'il représente pour eux, et adapter le morceau en fonction. Ce que nous avons retenu avec Vitaa des valeurs portées par Oppo, c'était l'évasion, la confiance, l'amour, les émotions… C'est pour cela que nous avons décidé d'explorer ces thématiques dans notre chanson.

Le 28 septembre 2019, vous avez rempli le Stade de France. Comment se prépare-t-on à une performance d’une telle envergure ?


C'est une préparation mentale quotidienne. Dès l'instant où j'ai annoncé cette date, j'étais déjà dans un combat permanent pour que tout se passe au mieux.

Avec la Sexion d’Assaut, vous avez annoncé des retours à de multiples reprises. Finalement, une tournée aura bien lieu en France, en Belgique et en Suisse à partir du 23 mars 2022 et se terminera à la Défense Arena de Paris les 14 et 15 mai. Depuis plusieurs années, des rumeurs planent autour d'un nouvel album du groupe. Qu'en est-il réellement ?

Ce que nous avons prévu avec la Sexion d'Assaut, c'est d'abord de sortir un single. Nous allons le lancer dans les semaines qui arrivent. C'est un signal, il s'agit de prévenir les gens que nous sommes bien là, que nous sommes de retour. Et tous les membres du groupe seront de la partie, sans exception.

Arrivez-vous toujours à vous voir régulièrement ?

C'est très difficile, je dois l'avouer, car nous devons parvenir à faire concorder nos différents emplois du temps, ce qui n'est pas toujours évident. Mais nous arrivons toujours à nous envoyer des morceaux, à échanger sur notre musique, à nous demander des avis, des conseils… Un peu comme avant.


En 2018, vous avez signé un manga, Devil’s Relics. Comment avez-vous développé le projet et quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

Ce manga, c'est une suite de ce que j'avais laissé en cours de route. C'est le prolongement de mes pensées pendant mes années de lycée et d'école d'art [c'est d'ailleurs Gims lui-même qui dessine la pochette du premier projet de la Sexion d'Assaut en 2006, La Terre Du Milieu, ndlr]. Je m'étais promis de mener à bien ce projet. C'est chose faite. Tout cela me vient d'une longue fascination pour l'univers des mangas, pour le Japon et sa culture. Je dois cela à beaucoup de dessinateurs. Ce serait incorrect de ne pas citer Akira Toriyama dès le début [créateur de Dragon Ball, ndlr]. Je pense aussi à Katsuhiro Ōtomo pour son travail sur Akira. Aujourd'hui, nous avons Eiichirō Oda, qui est derrière One Piece. J'en oublie beaucoup mais ceux-ci m'ont vraiment influencé.

Cette même année, vous êtes devenu le seul artiste français à avoir obtenu un couplet du rappeur américain Lil’ Wayne pour l'un de vos morceaux, “Corazón”. Comment s’est passée cette collaboration ?


Lil' Wayne est quelqu'un de très difficile à approcher. Il est vraiment gentil, mais il est beaucoup trop loin de nous dans sa tête. Son style de vie n'a rien à voir avec le nôtre. Mais il est venu, il a été carré, il a fait son truc. Pour l'anecdote, quand il est arrivé dans le studio, il avait son propre rouleur de joints avec lui. Tout est encadré, jamais il ne touche à la préparation d'un joint lui-même, il est déjà roulé pour lui. Donc il fume son joint, et il entre en cabine pour faire sa prise. Il est vraiment pro. Et c'est Wayne en fait, il ne refait pas deux fois. Tout en one-shot.

On dit de Lil' Wayne qu'il n'écrit plus ses textes depuis longtemps, qu'il enregistre toutes ses chansons de tête. Est-ce que c'est vrai ?

Oui, c'est vrai. Il n'avait pas de texte. C'est Wayne, encore une fois. Il arrive, il fait son couplet de tête, j'ai pris ma photo avec lui, et il est parti. C'est Batman, vraiment. Je l'ai juste revu à Miami pour le tournage du clip avec French Montana [autre rappeur américain figurant sur ce même morceau, ndlr]. Il y avait une superbe ambiance ce jour-là, on était vraiment dans un mood détente, je pouvais clairement voir qu'ils avaient l'habitude de ce genre de situation. D'ailleurs, j'ai d'autres morceaux avec des Américains qui sont sur le feu. J'en ai déjà brièvement parlé sur Snapchat, mais j'ai par exemple enregistré un morceau avec Quavo [membre du groupe d'Atlanta Migos, ndlr], un autre avec Lil' Uzi Vert, et un troisième avec Chris Brown.


Le rap vous tient donc encore profondément à cœur.

Bien sûr ! Je ne lâcherai jamais l'urbain, je ne lâcherai jamais le binks, le ghetto. C'est une fondation pour moi. Je ne pourrai jamais laisser ça derrière moi.

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