Bernard Anton fait renaître près de vingt ans de poésie avec Fêlures d’un Temps
- MH Entertainment

- il y a 3 jours
- 4 min de lecture
Sept recueils devenus introuvables réunis dans une nouvelle édition qui retrace l’évolution d’une voix poétique de 1987 à 2004
Avec Fêlures d’un Temps et autres recueils poétiques, Bernard Anton ouvre à nouveau les portes d’une période majeure de son parcours littéraire. Cette deuxième édition, annoncée pour le 18 août 2026, rassemble sept recueils publiés entre 1987 et 2004, aujourd’hui réunis dans un même volume après avoir été longtemps difficiles à trouver.
Plus qu’une simple réédition, l’ouvrage permet de parcourir près de vingt années de création poétique et de suivre l’évolution d’une écriture qui, au fil du temps, explore l’amour, la mémoire, l’exil, la nature, la mort, la guerre, la spiritualité et cette volonté persistante de célébrer la vie malgré ses blessures. Le livre se présente ainsi comme le portrait d’une plume « en constante réinvention », dont la singularité avait été remarquée dès ses premières publications.

Sept livres réunis en un seul volume
Cette nouvelle édition rassemble :
Fêlures d’un Temps I (1987), Fêlures d’un Temps II (1988), Fragments arbitraires (1989), Les anémones (1991), À une absence (1992), Écroulement de la Terre et des vivants suivi de Séquences du partir (1994) et Laurentïdes suivies de Automnales (2004).
Cette architecture donne au lecteur la possibilité de traverser plusieurs âges de l’écriture de Bernard Anton, de ses premiers textes consacrés aux blessures de l’enfance et de la mémoire jusqu’aux poèmes où la nature devient un véritable espace de contemplation et de réconciliation.
Des “fêlures” intimes à la lumière de l’espoir
Les premiers textes de Fêlures d’un Temps plongent dans les blessures invisibles de l’enfance, la solitude, les premiers émois amoureux, le départ, l’exil et la nostalgie. Mais la noirceur n’y est jamais définitive. Derrière l’absence et les blessures demeure une recherche de lumière, de beauté et d’amour capable de redonner un sens à l’existence.
Cette dualité entre fragilité et émerveillement est au cœur de l’univers de Bernard Anton. Dès 1988, Gaston Miron soulignait une poésie traversée à la fois par « la mémoire et les blessures » et par le merveilleux des images. Le critique et poète Jean Royer relevait pour sa part une « maîtrise peu commune du langage » et une poésie qui interroge la condition humaine face à la violence, à la mort et à l’amertume.

Une écriture qui change de forme sans perdre son identité
L’intérêt de cette compilation tient aussi à la diversité des écritures qu’elle rassemble.
Avec Fragments arbitraires, Bernard Anton adopte des formes extrêmement brèves : des instantanés poétiques où le vent, l’eau, la neige ou la lumière rencontrent les émotions et la mémoire. La logique s’efface alors au profit de l’intuition, du silence et de l’expérience sensible.
Dans Les anémones, la poésie bascule vers le conte, le mythe et la légende. La nature, l’amour et le merveilleux s’y mêlent dans un univers où le regard, les gestes, le silence et la musique deviennent eux-mêmes langage.
À une absence explore quant à lui le deuil après la disparition d’un être cher. La mort n’y est pas seulement abordée comme une rupture : elle devient progressivement passage, mystère et recherche d’une forme de paix. L’écriture, volontairement dépouillée, s’approche de la prière et de l’incantation.
La guerre, la condition humaine et la nécessité de rester vivant
Avec Écroulement de la Terre et des vivants, l’univers de Bernard Anton se fait plus brutal. Les mots deviennent plus incisifs pour évoquer la guerre, les victimes, la destruction et l’effondrement des repères humains. Pourtant, même dans ces paysages ravagés, le poète cherche encore ce qui demeure de l’humain derrière la violence et la mort.
On retrouve ainsi, plusieurs décennies avant certaines de ses œuvres contemporaines, des préoccupations qui continueront à traverser son travail : la paix, la dignité humaine, la mémoire des victimes, la violence des sociétés et la capacité de l’être humain à résister à la destruction.
La nature comme refuge et source de renaissance
Le parcours s’achève notamment avec Laurentïdes suivies de Automnales, publié initialement en 2004. La nature y occupe une place centrale. Lacs, montagnes, forêts, animaux, eau et lumière deviennent les protagonistes d’une poésie contemplative où l’être humain retrouve sa place au cœur du vivant.
Ces textes proposent un véritable retour aux sources et un art de vivre fondé sur l’émerveillement. La nature n’est plus seulement observée : elle devient une présence quotidienne, une force capable d’apaiser, de réconcilier et de réapprendre à regarder le monde.
Une œuvre de jeunesse qui dialogue avec l’auteur d’aujourd’hui
Relire ces sept recueils plusieurs décennies après leur première publication permet aussi de mesurer le chemin parcouru par Bernard Anton.
Professeur et thérapeute retraité, l’auteur a aujourd’hui signé plus d’une cinquantaine d’ouvrages, entre poésie, nouvelles, théâtre, romans et essais. Son travail a très tôt été remarqué pour son humanisme, sa richesse imagée et son rapport singulier à la langue française. Il est également le créateur du Prix Mur de l’espoir pour le haïku, fondé en 2020.
Fêlures d’un Temps permet ainsi de retrouver les racines d’une œuvre qui continue, près de quarante ans après ses premiers recueils, à se développer.
Sept livres réunis, près de vingt années de poésie et une même volonté : donner des mots aux blessures du temps sans jamais renoncer à la beauté qui peut en surgir.
Informations pratiques
Titre : Fêlures d’un Temps et autres recueils poétiques – 1987-2004
Auteur : Bernard Anton
Édition : 2e édition
Éditeur : Rouge-gorge d’Amérique
Parution annoncée : 18 août 2026
Illustration de couverture : Daniel Anton
ISBN PDF : 978-2-9825053-4-6
Site officiel : www.bernardanton.com
Page consacrée au livre : bernardanton.com/felures-d-un-temps





Super beau !